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Vol AF 447 du 1er juin 2009

A330-203, immatriculé F-GZCP

 

Discours de M. Jean-Paul Troadec
lors de la conférence de presse à Recife le 25 mars 2010

Mesdames et Messieurs bonjour,

Tout d'abord permettez-moi de me présenter. Je m'appelle Jean-Paul Troadec, je suis le directeur du BEA chargé de l'enquête sur l'accident du vol AF447. Nous sommes l'homologue du CENIPA brésilien.

Je suis ici entouré des représentants de nos partenaires dans cette expédition qui vous expliqueront leur rôle dans cette opération :

  • Hans Martin Gravdal, de la société Seabed
  • Dave Gallo de l'institut Woods Hole
  • Sven Petersen de Geomar
  • William Lawson de Phoenix International
  • John Ric Sasse de l'US Navy
  • Et enfin le Lieutenant-Colonel Luis Lupoli

A mes côtés se tiennent également Alain Bouillard, responsable de l'enquête, et Paul-Henri Nargeolet, coordonnateur des opérations maritimes. Une équipe d'enquêteurs du BEA sera également embarquée, elle sera secondée par un enquêteur allemand du BFU et des spécialistes d'Airbus et d'Air France.

Lors de ma première visite au Brésil en décembre dernier à Rio, j'avais fait part aux familles brésiliennes de notre intention de reprendre les recherches en mer de l'avion au début de cette année. Je suis revenu au Brésil aujourd'hui pour participer au départ de cette opération.

Il y a presque dix mois, le 1er juin 2009, le vol 447d'Air France entre Rio et Paris disparaissait au large des côtes brésiliennes en plein milieu de l'Atlantique. 228 personnes étaient à bord. Cet accident a touché 32 pays, dont surtout le Brésil, la France et l'Allemagne.

Dès l'accident connu, d'importants moyens ont été mis en œuvre pour rechercher la trace de l'avion disparu. Les forces armées brésiliennes, responsables des secours dans cette zone, ont déployé des moyens et une énergie considérables, d'abord dans l'espoir de porter secours aux victimes, puis pour rechercher des traces de l'avion disparu. Elles ont reçu naturellement l'appui des forces françaises et américaines, dans un élan de solidarité sans précédent.

Mais, outre la recherche des débris à la surface de la mer, il était important de retrouver l'épave afin notamment de pouvoir accéder aux informations contenues dans les enregistreurs de bord qui sont, dans tous les accidents d'avions de transport, la clé de leur compréhension.
Il y avait urgence, car les balises acoustiques destinées à repérer les enregistreurs ont une durée d'émission limitée à une trentaine de jours.

Là encore, des moyens considérables d'exploration sous-marine ont été déployés, sans succès, jusqu'à la mi-août, date à laquelle il a été décidé d'interrompre ces recherches pour les reprendre ultérieurement avec des moyens différents.

Les travaux que nous avons poursuivis ont montré que, sans la découverte de l'épave et la lecture des enregistreurs, l'enquête ne pourrait pas être conclusive et que cet accident resterait largement inexpliqué.

Pour que les recherches aient une chance de succès dans des délais raisonnables, il fallait impérativement réduire la surface de la zone de recherche dans des proportions importantes. Ce fut la tâche assignée par le BEA aux participants à un groupe de travail composé de scientifiques internationaux qui a tenté de reconstituer la trajectoire suivie par les débris entre le moment de l'accident et leur découverte.

Parmi les organismes qui ont participé à ces travaux figurent l'Ifremer et l'Institut Woods Hole, par ailleurs tous deux partie prenante à l'expédition. Ces travaux nous ont permis de délimiter une zone de l'ordre de 2000km², environ 10 fois plus petite que la zone de recherche initiale, dans laquelle nous pensons avoir une grande chance de trouver l'épave.

Une fois la zone de recherche délimitée, il fallait trouver les moyens les plus adaptés à notre expédition. Je rappelle que l'épave gît par des fonds accidentés pouvant atteindre près de 4000 mètres. Nous avons lancé une consultation internationale, avec l'aide de notre groupe de travail.

Nous avons choisi de retenir des moyens complémentaires, et certainement parmi ce qui se fait de mieux au monde, à la fois au niveau des matériels, mais aussi de la compétence des opérateurs chargés de les mettre en œuvre. Ces opérateurs seront assistés par des spécialistes en géologie de l'Ifremer et de Woods Hole, car nous serons confrontés à un relief sous-marin très accidenté.

Ces équipes travailleront sur les deux navires qui sont à quai non loin d'ici. Il s'agit :

  • d'une part du Seabed Worker de la société Seabed, équipé d'un robot, qui accueille aussi deux drones (AUV) sous-marins appartenant au Waitts Institute of Discovery et un à Geomar. Ces AUV seront mis en œuvre par Woods Hole.
  • et d'autre part de l'Anne Candies de la société Phoenix International, qui accueille un sonar remorqué et un robot appartenant à l'US Navy.

Ces équipes travailleront de façon coordonnée sous la direction des équipes du BEA.

Nous connaissons bien la société Phoenix International car nous avons eu l'occasion de travailler avec elle récemment lors de l'opération de récupération des enregistreurs de l'avion de Yemenia Airways accidenté aux Comores qui a été couronnée de succès. Nous avons aussi eu l'occasion de travailler directement avec l'US Navy lors des phases précédentes de recherches de l'épave du vol AF447.

Lors de ma visite hier, j'ai été impressionné par les caractéristiques techniques du navire de dernière génération de Seabed. Quant à Woods Hole, cette institution possède des compétences très larges en matière d'exploration sous-marine.

Tous ces partenaires ont accepté de considérer notre opération comme prioritaire et pour cela de modifier leur calendrier d'activité et je les en remercie.

Je voudrais également souligner l'appui que nous avons reçu des Marines française et brésilienne, sur le plan logistique et par la présence à bord d'officiers de liaison.

Comme vous le voyez, nous avons réuni autour de nous ce qui se fait de mieux au monde en terme de matériels et de spécialistes des recherches sous-marines à grande profondeur, ce qui nous rend confiants dans le succès de cette opération pour laquelle nous avons voulu mettre toutes les chances de notre côté.

Je laisse la parole aux intervenants.

 

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RECHERCHE


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