Perte de contrôle lors du treuillage, collision avec le sol

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1 - Déroulement du vol

En vue d'un décollage au treuil de la piste 08(1) non revêtue de l'aérodrome d'Angers Marcé, câble tendu, le pilote s'annonce « prêt » à la radio. L'opérateur met alors le treuil en fonctionnement. Le planeur accélère, puis s'élève à une hauteur d'environ 40 m. Il prend une assiette à cabrer. L'opérateur du treuil constate une diminution de la vitesse du planeur et augmente en conséquence la vitesse de traction du treuil.

Le planeur s'incline successivement à droite puis à gauche avant de prendre une forte assiette à piquer. Le câble se détache. Le planeur entre en collision avec le sol à environ 250 m de sa position initiale.

2 - Renseignements complémentaires

2.1 Renseignements météorologiques

Le vent mesuré sur l'aérodrome provenait du 170° avec une vitesse de 22 km/h et des rafales atteignant 44 km/h.

2.2 Témoignages

L'opérateur du treuil explique que les pilotes précédents ont indiqué la présence d'une composante de vent arrière soufflant en rafale, ce qui l'a conduit à augmenter la vitesse d'enroulement. Il n'a pas eu de communication radio avec le pilote lors du roulement au décollage. Il n'a pas observé de diminution de la tension du câble lors du treuillage.

Un pilote en attente au seuil 08 indique que le câble était tendu correctement lors du treuillage. Il ajoute que les conditions météorologiques « demandaient une expérience avérée ».

Des pilotes du club expliquent que lors du briefing du matin, leur attention avait été attirée sur le vent du sud, qui peut notamment créer des rouleaux. En raison des conditions météorologiques, les vols d'instruction avaient été interrompus dans l'après-midi. Il n'y avait aucune restriction concernant les pilotes brevetés.

2.3 Renseignements sur le planeur

Le manuel de vol précise que lors des opérations de treuillage, le trim doit être positionné légèrement à piquer et qu'il faut éviter une traction trop brutale sur le câble car le planeur a une tendance à cabrer. En fonction de la brutalité du départ, une action à piquer plus ou moins forte est nécessaire pour afficher l'assiette de montée.

Il stipule que la composante de vent de travers démontrée lors des opérations de treuillage est de 30 km/h.

L'examen de l'épave n'a pas permis de déterminer la position du trim ; les données enregistrées par le « FLARM » n'ont pas fourni d'éléments expliquant la perte de contrôle.

2.4 Renseignements sur le pilote

Le pilote, âgé de 19 ans, totalisait 320 heures de vol dont 84 heures en tant que commandant de bord depuis 2008, et 26 heures de vol dans les trois mois précédents. Il avait effectué un seul vol (décollage treuillé) sur LS8 de 3 heures 08 minutes, une dizaine de jours avant l'événement. Il comptabilisait 132 lancements au treuil et 20 remorquages.

3 - Enseignements et conclusion

Il n'a pas été possible de déterminer l'origine de la perte de contrôle du planeur. Il est vraisemblable qu'un cabré trop important lors de la montée a conduit au décrochage. La faible hauteur atteinte n'a pas permis au pilote de sortir de la situation de décrochage et d'éviter la collision avec le sol.

Le maintien de la trajectoire lors de la montée initiale a probablement été rendu difficile par la présence de vent de travers, soufflant en rafale à des vitesses proches des limites d'exploitation de l'aéronef.

Par ces conditions de vent, la faible expérience de lancers au treuil du pilote sur le type de planeur, a probablement contribué à l'accident.

Le « Livret du lancement des planeurs au treuil » édité par la FFVV préconise de toujours envisager l'interruption du treuillage.

Depuis cet événement, le club a renforcé les exigences en matière d'entraînement annuel. Les pilotes doivent désormais effectuer trois treuillages supplémentaires, tous interrompus à différents moments afin de s'habituer au largage d'urgence.

 

(1)QFU exact 082°.

 

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