L’année 2015

L'année 2015

L’année 2015 a été marquée dans le transport public par l’accident d’un A320 de la compagnie Germanwings, survenu le 24 mars dans les Alpes de Haute Provence, qui a fait 150 victimes, dont 6 membres d’équipage et 144 passagers. Cette catastrophe aérienne a mobilisé une grande partie des ressources du BEA pendant plusieurs mois. L’enquête de sécurité a fait intervenir, aux côtés des enquêteurs du BEA, des autorités d’enquête d’autres pays : l’Allemagne, l’Espagne, les Etats-Unis et le
Royaume-Uni, ainsi que de nombreux conseillers techniques et experts, non seulement dans le domaine aéronautique, mais aussi dans les domaines de la médecine psychiatrique, des transports ferroviaires et de l’énergie électrique. Le rapport final a été publié en mars 2016.

On notera également la publication du rapport d’enquête sur l’accident d’un A321 de la compagnie Hermès Airlines, survenu à Lyon Saint-Exupéry le 29 mars 2013. Cet accident, bien qu’il n’ait pas fait de victimes, était porteur de messages de sécurité, qui ont conduit à l’émission de neuf recommandations. L’enquête de sécurité sur l’accident d’un MD83 de Swiftair, survenu le 24 juillet 2014 au Mali, conduite par la Commission d’enquête de la République du Mali, avec une forte contribution du BEA, s’est par ailleurs poursuivie, et le rapport final a été publié en avril 2016.

Pour ce qui concerne l’aviation générale, le BEA a mis en oeuvre une nouvelle politique qui répond à une attente exprimée par de nombreux organismes, dont les fédérations de pratiquants. Son but est de privilégier le traitement des événements les plus graves, les plus riches en enseignement, sans faire de distinction sur le statut de l’aéronef. Ainsi, les procédures d’enquête sur les accidents mineurs (dommages matériels essentiellement) ont été simplifiées pour permettre de libérer des ressources pour les enquêtes sur les accidents mortels, qu’il s’agisse d’accidents d’aéronefs certifiés (avions, hélicoptères, etc.) ou non certifiés (ULM, autogires, etc).

Si les statistiques d’accidents en aviation générale pour l’année 2015 montrent une relative stabilité du nombre d’accidents mortels d’aviation certifiée, elles mettent en évidence le nombre croissant d’accidents mortels d’ULM, deux à trois fois plus élevé que celui de l’aviation certifiée. Cela confirme le besoin de s’intéresser à ces événements. On note cependant que les enquêtes sur les événements survenus en 2015 ne sont pas toutes clôturées : un premier bilan de l’application de la nouvelle politique devrait pouvoir être fait dans le prochain rapport d’activité.

Enfin, il faut noter, comme les années précédentes, la part importante de l’intervention du BEA en tant que Représentant Accrédité auprès d’autorités d’enquêtes de sécurité étrangères : le nombre d’enquêtes auxquelles le BEA participe à l’étranger est largement supérieur au nombre d’enquêtes ouvertes par le BEA. Cette activité, liée notamment à la proportion importante et croissante d’aéronefs de conception française dans la flotte mondiale, mobilise une large part des ressources du BEA. Elle le place dans une position privilégiée pour observer les problèmes de sécurité à l’échelle mondiale. L’enjeu est alors de pouvoir faire connaître le plus largement possible ses observations. Le nouveau site Internet du BEA devrait y contribuer.

Rémi Jouty,

Directeur du BEA

Signature Rémi JOUTY