Year 2016

Le bilan de la sécurité de l’Aviation Civile en France pour l’année 2016 est assez positif, tant pour le Transport Commercial que pour l’Aviation Générale : aucun accident majeur de Transport Commercial n’est à déplorer sur le territoire français ainsi que pour l’exploitation française à l’étranger. Quant aux statistiques de l’Aviation Générale, elles font apparaître une tendance à la diminution du nombre d’accidents et de victimes vers les niveaux les plus bas jamais observés.

Toutefois l’année 2016 a été marquée par trois événements de Transport Commercial survenus à l’étranger, qui ont mobilisé pendant de longues périodes une grande partie de nos ressources : en avril, l’accident d’un hélicoptère EC225 Super Puma en Norvège, en mai, l’accident d’un Airbus A320 disparu en mer Méditerranée, en décembre l’accident d’un ATR42 au Pakistan.

L’accident de l’A320 de la compagnie Egyptair, disparu le 19 mai en mer Méditerranée alors qu’il effectuait la liaison entre Paris et Le Caire, a fait 66 victimes. Nos moyens humains et financiers ont immédiatement été mis en œuvre pour aider les autorités égyptiennes, responsables de l’enquête de sécurité à localiser l’épave. Dès les premiers jours, dans le cadre d’une collaboration entre le BEA, la  Marine Nationale et la société Alseamar, l’épave a été repérée. Nous avons ensuite participé aux opérations dirigées par les autorités égyptiennes, pour récupérer les enregistreurs. Ceux-ci, endommagés lors de l’impact, ont pu être réparés et exploités par notre laboratoire spécialisé. L’enquête est toujours en cours et nous restons à ce jour en attente des éléments détenus par les autorités égyptiennes à partir desquels devraient être tirés les enseignements de sécurité de cet accident.

Le BEA constate, depuis quelques années déjà, une forte augmentation de ses activités à l’international, par la participation, en tant que représentant accrédité, à des enquêtes menées par des organismes étrangers sur des événements survenus sur leur territoire, notamment à des aéronefs de construction ou de conception française. Cette augmentation s’est fortement accélérée en 2016 : elle est, bien entendu, liée aux succès de l’industrie aéronautique nationale, qui entraîne elle-même une très forte augmentation du nombre de ces aéronefs dans la flotte mondiale (ce nombre est maintenant largement supérieur à 20 000).

En revanche, 2016 a vu une nette diminution du nombre d’enquêtes menées par le BEA sur des événements survenus en France. Cette diminution est à mettre en corrélation avec les  bonnes statistiques concernant l’Aviation Générale : le nombre d’accidents en général - et d’accidents mortels en particulier - est en baisse. La tendance est particulièrement marquée concernant l’activité ULM. Le BEA avait modifié il y a deux ans ses procédures pour permettre le déclenchement systématique d’une enquête sur tout accident mortel d’ULM. Cet effort sera poursuivi dans les années à venir, dans le but de contribuer à améliorer toujours plus la sécurité.

Enfin, je tiens à citer ici la publication en 2016 de deux rapports d’enquêtes majeures : celui sur l’accident de l’A320 de la compagnie Germanwings survenu dans les Alpes en 2015, et celui sur l’accident du MD83 de la compagnie Swiftair survenu au Mali en 2014 (ce rapport a été publié par la Commission d’enquête du Mali, avec une très forte contribution du BEA). Ces rapports sont le fruit d’une collaboration étroite entre le BEA et l’ensemble des acteurs de l’aviation civile, et illustrent parfaitement la devise du BEA : « la Sécurité Ensemble ».

Je formule le vœu que 2017 soit, en application de cette devise, la meilleure année possible pour la sécurité aérienne.

Rémi Jouty,

Directeur du BEA

Signature Rémi JOUTY