L'année 2017

L’an dernier, mon introduction au rapport d’activité 2016 du BEA se terminait par ces mots : « je formule le vœu que 2017 soit la meilleure année pour la sécurité que le monde ait jamais connue ! ».

L’année 2017 est considérée comme la meilleure jamais observée sur le plan de la sécurité pour le transport aérien au niveau mondial : on ne déplore en effet aucun accident majeur d’avion gros porteur. Dans l’attente de la publication des chiffres officiels par l’OACI, certains analystes indépendants avancent des taux d’accidents de l’ordre d’un accident mortel d’avion de transport de passager pour 7 millions de vols. Ce taux est à comparer aux chiffres constatés il y a une vingtaine d’années, qui étaient plutôt de l’ordre d’un accident fatal par million de vols.

Au début des années 1990, de nombreuses études montraient que, si le niveau de sécurité se maintenait à un niveau constant, on devait s’attendre, en tenant compte de l’évolution prévue du trafic aérien, à des fréquences de catastrophes aériennes de l’ordre d’un accident par semaine pour le 21ème siècle, ce qui était, bien évidemment considéré intolérable. De vastes programmes ont donc été lancés pour améliorer la sécurité. Parmi les actions entreprises, on peut citer notamment l’amélioration de la prise en compte des facteurs humains, ou la mise en place des systèmes de gestion de la sécurité au sein des organismes (compagnies aériennes, organismes de maintenance, etc).

De nombreuses actions ont également été lancées aux niveaux mondial, européen et nationaux, sur le plan des enquêtes de sécurité : la plupart des organismes d’enquête sont maintenant devenus des « autorités indépendantes d’enquêtes de sécurité » ayant obligation de publier un rapport sur chaque accident et incident grave. Les organismes destinataires de leurs recommandations ont en général l’obligation de répondre, en précisant les mesures qu’ils comptent prendre, ou en exposant les raisons pour lesquelles ils décident de ne pas en prendre. Au niveau européen, le règlement 996/2010 a rendu obligatoire pour tous les Etats membres toutes ces évolutions et les organismes d’enquêtes des Etats membres mettent en place, au sein de leur réseau ENCASIA des dispositifs d’assistance mutuelle pour être en mesure de mieux gérer un accident majeur.

On ne peut pas, bien entendu tenir pour acquis les bons chiffres de la sécurité aérienne constatés en 2017 : les efforts ne doivent pas être relâchés. On ne peut pas non plus les attribuer à telle ou telle action menée dans les années précédentes : la sécurité aérienne est le fruit de l’ensemble des actions menées par les différents acteurs de la communauté aéronautique. Le BEA y a sa part, tant par les enquêtes qu’il mène lui-même, que par sa participation aux enquêtes menées par ses homologues étrangers sur les événements impliquant notamment des aéronefs d’exploitation ou de construction française.

Le BEA s’est attaché, en 2017 à définir un plan stratégique pour lui permettre de continuer à assurer de façon optimale son rôle dans la boucle de retour d’expérience. Ce plan se décline en plusieurs axes, visant notamment à faire face aux évolutions en cours, au premier rang desquelles l’augmentation importante de la flotte de construction française dans le monde. Le plan stratégique du BEA, qui couvrira la période 2018-2022 fait l’objet d’une présentation plus détaillée en conclusion du présent rapport.

Au moment de la publication de ce rapport d’activités, on déplore plusieurs accidents importants en transport commercial de part le monde. Ce bilan, même partiel, contraste déjà avec celui de 2017. Tous les acteurs aéronautiques, parmi lesquels le BEA, doivent donc rester mobilisés pour continuer à améliorer, ensemble, la sécurité aérienne.

Cliquez ici pour télécharger le rapport annuel 2017 du BEA.

Rémi Jouty,
Directeur du BEA

Signature Rémi JOUTY