Planeur Numéro de dossier BEA2019-0133 Accident, Peyruis, le 29 mars 2019, ROLLADEN SCHNEIDER - LS4, F-CEIB

Accident du Rolladen Schneider LS4 immatriculé F-CEIB survenu le 29/03/2019 à Peyruis (04)

Progression de l'enquête Clôturée  
Progress: 100%

Résumé

Note : Les informations suivantes sont principalement issues du témoignage du pilote. Ces informations n'ont pas fait l'objet d'une validation indépendante par le BEA.

 

1 - Déroulement du vol

Le pilote décolle en remorqué à 13 h 10 de l’aérodrome de Saint-Auban Château-Arnoux (04)[1]. Après le largage vers 1 350 m d’altitude au-dessus de la Corne de Lure[2], il ne trouve pas d’ascendance et décide de rejoindre d’autres planeurs qui semblent exploiter des ascendances situées plus au sud. Il arrive à proximité de ces planeurs à une altitude d’environ 950 m, inférieure à celle des autres planeurs. Le pilote ne trouvant pas d’ascendance, le planeur continue de perdre de l’altitude. Lorsque l’altitude du planeur atteint 750 m, le pilote décide d’interrompre le vol et avertit par radio le starter de sa position et de son altitude. Le planeur étant trop bas pour franchir une crête le séparant de l’aérodrome, le pilote recherche un champ pour atterrir en campagne mais n’aperçoit que des rochers et de la forêt. Il longe la crête en vue de rejoindre la vallée de la Durance et d’y trouver un champ pour y atterrir.

Il rencontre des descendances qui amènent le planeur à une altitude insuffisante pour rejoindre la vallée de la Durance. Le pilote effectue un demi-tour par la droite pour atterrir dans une clairière qu’il vient de survoler. Lors du dernier virage, avec une vitesse d’environ 100 km/h, le train d’atterrissage et les aérofreins rentrés, le planeur s’enfonce sous l’effet d’une descendance. Il heurte le sommet d’arbres de dix mètres de hauteur situés environ 50 m avant la clairière, traverse la végétation et entre en collision à plat avec le sol.

2 - Renseignements complémentaires

Le pilote effectuait un stage de vol à voile au CNVV[3] organisé par son club. Il volait sur un des planeurs du CNVV.

Le pilote, âgé de 70 ans, était titulaire d’une licence de pilote de planeur (SPL) depuis le mois de novembre 2011. Il totalisait environ 286 heures de vol, dont 34 sur type, et environ quinze heures de vol dans les trois mois précédents, dont environ sept sur type.

Le pilote indique que les conditions météorologiques étaient les suivantes : vent au sol de secteur sud pour 10 kt sur l’aérodrome de Saint-Auban Château-Arnoux.

Le pilote explique que ses choix de trajectoire étaient inadaptés aux conditions aérologiques. En longeant la pente sous le vent du relief, il a rencontré des descendances et le planeur a perdu plus d’altitude que ce à quoi il s’attendait. Lorsqu’il s’est trouvé trop bas pour pouvoir franchir la crête le séparant de l’aérodrome, il explique que son attention était plus focalisée sur l’idée de rejoindre la vallée de la Durance que sur la recherche d’un champ vachable. Ce n’est qu’au dernier moment qu’il a aperçu une clairière sur sa droite et qu’il a tenté d’y atterrir en faisant demi-tour. Celle-ci mesurait environ 130 m de longueur. Le pilote avait survolé peu avant un champ de 400 m de longueur qu’il n’avait pas vu.

Il ajoute qu’il n’avait pas sorti le train d’atterrissage et les aérofreins pour ne pas dégrader la finesse du planeur. Il attendait d’avoir franchi les derniers obstacles pour les sortir.

3 - Enseignements et conclusion

Le document « objectif sécurité » publié par la FFVP[4] présente les risques et menaces inhérents au vol en montagne. Un complément technique « Sécurité du vol en montagne » (Janvier 2012, ED.2.0) a été édité par le CNVV. Celui-ci précise que la conduite du vol en montagne nécessite d’anticiper dans toutes les phases de vol et de savoir gérer ses déplacements, montées et descentes pour rester à tout moment en local d’une zone vachable.

Le manuel de pilote de planeur préconise en outre qu’il est indispensable de sortir le train d’atterrissage pour effectuer un atterrissage en campagne. Le heurt d’un obstacle dans un champ fera en effet rompre le train d’atterrissage s’il est sorti, par contre si le train est rentré, il y a un risque de blessure plus ou moins grave de la colonne vertébrale (en raison de la faible épaisseur du fuselage d’un planeur).

 


[1] L’aérodrome est situé à 419 m d’altitude.

[2] Partie orientale de la Montagne de Lure, située à environ 10 km de l’aérodrome au nord-ouest de celui-ci.

[3] Centre National de Vol à Voile.

[4] Fédération Française de Vol en Planeur.