Hélicoptère Numéro de dossier BEA2019-0675 Accident, AD Toussus-le-Noble, le 16 novembre 2019, ROBINSON - R44, F-HANG

Accident du Robinson R44 immatriculé F-HANG survenu le 16/11/2019 sur l'AD Toussus-le-Noble (78)

Progression de l'enquête Clôturée  
Progress: 100%

Résumé

Note : Les informations suivantes sont principalement issues du témoignage du pilote et de l’instructeur. Ces informations n'ont pas fait l'objet d'une validation indépendante par le BEA.

1      Déroulement du vol

Le vol planifié est un vol local en instruction en vue d’une conversion de licence française TTH en PPL(H). En raison d’une dégradation des conditions météorologiques, l’instructeur et le pilote en situation d’instruction annulent le vol local et effectuent une séance de travail sur l’aérodrome.

Avant la mise en stationnaire, l’instructeur rappelle au pilote que la coordination sur les commandes de vol est essentielle. Le pilote indique qu’il se prépare à « mettre du pied » à gauche.

Lors du lever du pas collectif, l’instructeur explique qu’il s’aperçoit que le pilote appuie sur la pédale gauche du palonnier trop fortement et que les patins de l’hélicoptère commencent à glisser d’environ 20-25° à gauche. Il demande au pilote d’arrêter cet appui mais ce dernier enfonce la pédale en butée et lève franchement le pas collectif. L’instructeur essaie de contrer ces actions, parvient à bloquer le pas collectif et empêche l’hélicoptère de prendre de la hauteur. Il ne parvient cependant pas à contrer le lacet car le palonnier reste bloqué par l’action du pilote.

L’hélicoptère oscille plusieurs fois sur ses trois axes et touche durement le sol avant que le pilote cesse son action au palonnier et relâche les commandes. L’instructeur reprend le contrôle de l’hélicoptère et atterrit.

L’inspection de maintenance relève des déformations sur les jambes du train d’atterrissage et sur différentes zones du fuselage.

 

2      Renseignements complémentaires

2.1        Renseignements météorologiques.

Au moment de l’accident, les conditions météorologiques locales étaient un vent moyen de 8 à 10 kt du 130° et des averses.

2.2        Expérience de l’équipage

L’instructeur, âgé de 67 ans, était titulaire d’une licence de pilote commercial CPL(H), de la qualification d’instructeur hélicoptère FI(H) et totalisait environ 2 700 heures de vol dont 285 sur R44.

Le pilote, âgé de 74 ans, avait débuté sa formation de pilote en 1985 et obtenu sa licence de pilote privé hélicoptère (TTH) en 1987. Entre 1985 et 1990, le pilote volait régulièrement et avait accumulé un total d’environ 91 heures de vol dont 30 heures en tant que commandant de bord sur Bell 47 et Alouette 2. Il n’avait pas piloté depuis cette date et avait recommencé en 2018. Il avait alors réalisé un vol en double-commande d’une heure en R44 avec le chef pilote au sein de l’école de pilotage.

2.3        Témoignages

2.3.1       Témoignage du pilote

Le pilote explique qu’il n’avait pas piloté régulièrement depuis 29 ans et qu’il avait gardé l’habitude du pilotage de l’Alouette 2 sur laquelle il faut mettre du pied à droite pour contrer le lacet induit lors la mise en puissance.

Il précise que lors de son précédent vol sur R44 un an auparavant, il n’avait pas mis assez de pied à gauche pour contrer le lacet induit et considère qu’il a probablement été focalisé sur ce point lors du vol de l’accident.

2.3.2       Témoignage de l’instructeur

L’instructeur explique que la veille du vol, il avait dispensé un long cours théorique au pilote qui comprenait des points sur la règlementation, les caractéristiques du R44 et notamment la procédure de mise en route. Il considère, a posteriori, que le geste de sur-correction sur le palonnier exercé par le pilote peut être analysé comme étant lié à une volonté de montrer rapidement son aptitude à contrôler l’hélicoptère, y compris les effets de lacet induit et ce dès les premiers instants du vol.

L’instructeur ajoute qu’à la suite de cet accident, l’équipe en charge de la formation au sein de de l’école envisage la mise en place de conditions spécifiques notamment basées sur l’expérience récente des pilotes avant de leur laisser les commandes de vol dès la mise en stationnaire.