Diminution de la puissance des moteurs en croisière, atterrissage d'urgence en campagne

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Evénement :diminution de la puissance des moteurs en croisière, atterrissage d'urgence en campagne.

 

Cause identifiée : avitailleur : méconnaissance des différentes motorisations possibles en aviation générale ;

pilote présent lors de l'avitaillement : absence de vérification de la qualité du carburant livré.

 

CIRCONSTANCES

Le pilote décolle à 16 h 00 de l'aérodrome de Nancy Essey (54) à destination de l'aérodrome de Vitry-le-François (51). Le pilote explique qu'il choisit une altitude de croisière de 6 000 pieds et règle la puissance à 70%. Après dix minutes de vol environ, il observe les alarmes « RE ECU A fail » et « RE ECU B fail ». Le GPS indiquant six minutes de vol restantes, le pilote décide de poursuivre le vol vers l'aérodrome de destination. Quelques secondes plus tard, il constate que les deux moteurs fonctionnent au ralenti. Il ne parvient pas à maintenir le vol en palier. Il repère un champ dans lequel il atterrit.

 

Cent soixante litres de carburant sont récupérés dans les quatre réservoirs. Les échantillons de carburant, de couleur bleue, prélevés par les purges des réservoirs principaux révèlent un mélange composé d'essence 100 LL et de JET A1 (50 à 65%).

 

Le matin, l'avion, loué par un autre pilote, avait été ravitaillé par camion citerne. Il n'a pas été possible de déterminer les termes utilisés lors de la commande passée à l'avitailleur par téléphone. Le bon de commande indique que le plein de JET A1 a été commandé. Le bon de livraison montre que 204 litres de 100LL ont été livrés.

 

Il n'a pas été possible de déterminer si le bon de commande a été rédigé avant ou pendant l'avitaillement. Le pilote explique qu'il n'a pas vérifié le bon de livraison lorsqu'il l'a signé. Sur le camion avitailleur, un autocollant rouge mentionne « 100 LL ». Un autocollant noir mentionnant « JET A1 » est apposé à côté de chaque bouchon de réservoir de l'avion. Des détrompeurs sur les pistolets existent afin d'éviter les erreurs d'avitaillement. Ils permettent de ne pas remplir de JET A1 les réservoirs d'un avion dont le moteur fonctionne avec de l'essence 100 LL.

 

L'avitailleur, employé depuis peu, avait été formé aux risques dus à une erreur d'avitaillement et aux moyens de l'éviter. Cependant, il n'avait pas été sensibilisé aux différentes motorisations existantes sur les avions légers.

 

Depuis le dernier avitaillement les moteurs ont fonctionné deux heures et vingt minutes. L'évolution des proportions des deux carburants composant le mélange consommé par les moteurs n'a pas pu être déterminée, principalement en raison de l'existence du retour de la partie non consommée par les moteurs dans les réservoirs principaux.

 

Le turbocompresseur est entraîné par les gaz d'échappement. En l'absence de dommage constaté sur les moteurs, il est probable que la carburation incorrecte ait conduit à un défaut d'entraînement du turbocompresseur, puis progressivement à une baisse de pression dans le circuit d'admission d'air.

 

Le cinquième récit du RECinfo n°7/2007 relate une erreur d'avitaillement similaire.