Panne d'essence, atterrissage d'urgence en campagne

Progression de l'enquête Cloturée
Progress: 100%

Evénement : panne d'essence(1), atterrissage d'urgence en campagne, basculement sur le dos.

 

Causes identifiées :

- inscription d'une information erronée sur le carnet de route,

- procédure de vérification de la quantité de carburant embarqué inadéquate.

 

Circonstances

Après un vol local de trente minutes environ, l'élève contacte le contrôleur de Toussus-le-Noble afin de rejoindre le circuit d'aérodrome. Quelques instants plus tard, alors que l'avion est à une hauteur d'environ 800 pieds, la puissance du moteur diminue. L'instructeur actionne le réchauffage du carburateur, vérifie les jauges de carburant qui indiquent qu'il reste un peu moins d'un quart de réservoir de chaque côté puis vérifie que le robinet de carburant est ouvert, que le sélecteur est placé sur la position BOTH et la commande de richesse sur PLEIN RICHE. Le moteur ne délivre plus de puissance. L'instructeur reprend les commandes, s'annonce en détresse puis atterrit en urgence dans un champ. Lors du roulement, l'avion bascule sur le dos.

Il est retrouvé environ dix litres de carburant dans les réservoirs.

L'instructeur explique que l'élève a vérifié visuellement la présence d'essence dans les réservoirs lors de la visite avant le vol. L'instructeur a estimé l'autonomie restante à partir des indications du carnet de route de l'avion : depuis le dernier plein, l'avion avait volé trois heures et trente minutes. L'avion ayant une autonomie de six heures, il a estimé l'autonomie restante suffisante pour le vol prévu, d'environ une heure.

Cet avion est équipé de deux réservoirs d'aile d'une capacité totale de 148 litres, dont 142 litres utilisables. Compte tenu de la consommation moyenne de 24 l/h, il aurait dû rester 64 litres dont 58 litres utilisables.

Le dernier pilote ayant renseigné la rubrique « carburant » du carnet de route indique qu'il a inscrit « plein » afin de signaler qu'il avait vérifié visuellement le niveau de carburant dans les réservoirs et que ces derniers lui avaient semblés pleins (voir photocopie du carnet de route ci-après). Il n'a pas ajouté de carburant avant d'entreprendre son vol.

Le dernier avitaillement complet avait été effectué avant le vol précédent, d'une durée d'une heure et quarante-deux minutes. L'instructeur n'a pas pris en compte ce vol lorsqu'il a estimé l'autonomie. L'autonomie restante au départ du vol de l'accident était donc de quarante-cinq minutes.

A la suite de l'accident, le club demande à ses pilotes de vérifier les quantités de carburant contenues dans les réservoirs à l'aide d'une réglette graduée ; celle-ci est placée à bord de l'avion et porte l'immatriculation de ce dernier.

(1)L'étude « Panne d'essence en aviation générale » publiée en 2001 est disponible sur le site internet du BEA.

 

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